Avec la flambée actuelle du prix de l'or noir et des hydrocarbures dérivés, il fallait oser. Daniel Favrat l'a fait. Le directeur du Laboratoire d'énergétique industrielle et de l'Institut des sciences de l'énergie a accordé une interview pour le moins engagée à "Energie extra", le magazine de l'Office fédéral de l'énergie et du programme SuisseEnergie. Selon Daniel Favrat, il faudrait "créer un cadre propice à la libre concurrence des technologies, en internalisant les coûts écologiques et la précarité des ressources". En clair: relever le prix de l'énergie, car son niveau actuel favorise le gaspi et condamne une partie des technologies favorisant le développement durable. Car si la recherche énergétique suisse excelle, en particulier dans le domaine du solaire et de la biomasse, la mise en pratique des percées technologiques laisse à désirer. Or la promotion de systèmes "éco-efficients" est un des piliers de la "Société à 2000 watts", une vision qui implique d'abaisser la demande énergétique au tiers de la consommation actuelle, d'ici 2050.