Le président du Conseil des EPF a livré au journaliste du quotidien alémanique des propos qui risquent d'en crisper plus d'un. A trop s'être éparpillées, dit en substance Francis Waldvogel, les universités cantonales ne peuvent plus tenir le niveau dans tous les domaines. Elles devraient donc resserrer le champ de leur offre académique et mettre en commun certaines branches, dont celles qui ont moins de vingt étudiants en première année." Le Président du Conseil souhaite voir les fonds privés entrer assez massivement dans les fonds publics, à hauteur de 30%. "Pas davantage, explique Francis Waldvogel, pour éviter que l'économie ne s'implique directement dans la gestion directoriale de l'université." Côté étudiants, le Professeur Waldvogel relance sa proposition de doubler, voire tripler la participation financière des jeunes à leurs études. "Dans les universités américaines publiques de Californie, les écolages peuvent se monter jusqu'à 15'000 dollars. Impossible, ici, quand on songe qu'un étudiant EPF paie environ 1200 francs par année" précise-t-il. Aux yeux du Genevois, le statut d'excellence des hautes écoles suisses ne se maintiendra qu'au prix de réformes radicales et rapides, dans les trois, quatre ans à venir.