Revues de presse

05 juillet 2004

La filière du bois n'est pas morte à l'EPFL et l'arrivée prochaine d'Yves Weinand devrait rassurer les milieux professionnels, inquiets depuis l'annonce du départ de la retraite de Julius Natterer, estime "24 Heures". Le quotidien vaudois note que le professeur belge, nommé jeudi dernier professeur associé de construction en bois à la Faculté ENAC, "prend la relève symbolique de Julius Natterer" grâce à ses qualités dans l'architecture et le génie civil. Le journal relève que la grande expérience d'Yves Weinand dans l'intégration du bois avec d'autres matériaux, dans le domaine de la construction, est un des points forts du profil du nouveau professeur de l'EPFL.

Pas facile, lorsqu'on fait partie d'une institution aussi grande que l'EPFL, de bénéficier de toute l'attention que l'on mérite. La Section de génie électrique et électronique (SEL) en fait le constat dans les colonnes de "24 Heures" par la voix de son responsable, le professeur Maher Kayal. Entre 2002 et 2003, le nombre d'inscrits au premier cycle de cette filière a pratiquement chuté de moitié. Une baisse que le professeur Kayal attribue avant tout à un manque de visibilité auprès des gymnasiens et des jeunes étudiants. Paradoxe, puisque, comme le souligne le professeur, la qualité de l'enseignement prodigué est reconnue jusqu'à un niveau international. Mauvais présage pour la future rentrée académique? Le responsable compte sur les nouveautés mises en place lors de la restructuration de la section pour susciter l'intérêt des futurs ingénieurs dans les trois orientations proposées: technologies de l'information, micro/nanoélectronique et les systèmes mécatroniques.

Le projet "Sciences-Vie-Société", et en particulier la création en 2008 du futur "cancéropôle" né du transfert des équipes de l'ISREC et de l'Institut Ludwig sur le campus de l'EPFL, ne fait pas que des heureux. Ainsi Bernard Pelet, privat-docent à la Faculté de biologie et de médecine de l'UNIL, prend-il la plume pour s'élever contre la création de ces "usines à recherche". "Fallait-il rapprocher l'Institut suisse de recherche expérimentale sur le cancer (ISREC) du CHUV, où se trouvent les patients, ou de l'EPFL, où se trouvent les techniques de pointe?", questionne l'invité de "24 Heures", dans l'édition du 2 juillet. Celui-ci estime que les plus grandes percées médicales ont été l'œuvre de chercheurs actifs sur le terrain et non de scientifiques enfermés dans des laboratoires. "La création de mégacentres de recherche (…) draine tous les moyens financiers disponibles, privant des observateurs intelligents mais isolés d'une aide nécessaire à des contributions majeures et finalement prive les étudiants et les médecins d'un contact indispensable à leur formation", estime Bernard Pelet. Une attaque à peine voilée aux futures "medical schools" qui pourraient peut-être le jour ces prochaines années.

La vie n'est pas un long fleuve tranquille… mais plutôt une suite de CD-Rom qui, mis bout à bout, parsèmerait une route sur près de 15 kilomètres. Eh oui, comme le dévoile la "Basler Zeitung", la vie est un phénomène des plus complexes qui existent et le dévoilement de ses mystères représente une quantité de données colossale. Ces centaines de milliers de CD-Rom suffisent ainsi à peine à contenir l'ensemble des data génétiques et biochimiques que représente le patrimoine de l'humanité. Et le génome humain n'est qu'un des 172 recensés par l'encyclopédie KEGG, du projet japonais GenomeNet… Une parfaite introduction à la mission passionnante qui attend le programme de biologie systémique SystemsX sur lequel vont plancher l'EPFZ et les universités de Bâle et de Zurich.

02 juillet 2004

L'annonce de la nomination de quatre nouveaux professeurs à l'EPFL est relayée par "24 Heures" et "L'agefi". Ainsi, l'architecte et ingénieur civil Yves Weinand devient professeur associé à la Faculté de l'environnement naturel, architectural et construit. Cette même Faculté accueille encore Christoph Holliger, en tant que professeur associé en biologie environnementale, et Jacques Lévy au poste de professeur ordinaire en géographie et aménagement de l'espace. Enfin, Ingo Krossing, professeur assistant "tenure track" en chimie, vient renforcer les compétences de l'EPFL dans le domaine des sciences moléculaires. ("24 Heures" du 2 juillet 2004. Voir aussi les communiqués de presse sur le site de l'EPFL)

Invité au 37e Journées romandes des arts et métiers, le professeur de l'EPFL Rémi Walbaum a dressé un tableau sans concessions de la situation en matière de création d'entreprises en Suisse. "L'aide aux start-up n'a pas été comprise. Cent boulangeries ferment et une cinquantaine ouvrent. Et même si l'on forme environ 700 apprentis, seuls 17% d'entre eux reprennent l'entreprise familiale", a déclaré celui qui est également directeur du programme d'entrepreneurship Create Switzerland. Les causes d'une telle situation ? Notre pays "encourage la culture du salaire, la peur du risque et de celle de l'échec" estime Rémi Walbaum. Qui exhorte à "apprendre à entreprendre" !

Le lauréat du Prix innovation 2004 de l'ETG s'appelle Frédéric Ravussin. Il a été récompensé pour son travail de diplôme réalisé à l'EPFL, au Laboratoire d'énergétique industrielle, sur le thème "Caractérisations locales dans une pile à combustible de type céramique (SOFC)". L'originalité de ce projet réside dans l'innovation de la mesure réalisée, explique-t-on dans le "Bulletin des SEV". Le domaine des piles à combustible est très actuel et les SOFC (Solide oxide fuel cell), avec leur rendement élevé semblent pouvoir prendre une place importante dans le gâteau énergétique des prochaines décennies.

Le Laboratoire de technologie des composites de l'EPFL, dirigé par le professeur Jan-Anders Manson, a développé un procédé de moulage permettant de fabriquer des pièces creuses en composites thermoplastiques à grande vitesse. Les applications du procédé employé se retrouvent partout où il est impératif de réduire la masse de pièces creuses tout en conservant la résistance mécanique, comme par exemple pour des raquettes de tennis.

"L'agefi" consacre une page à une start-up installée à Lausanne. Greatcell Solar SA est la seule entreprise à développer et à commercialiser un nouveau type de cellules photovoltaïques, les cellules à colorant. Mais la société peine à trouver des investisseurs, même si son projet, qui consiste à intégrer des panneaux solaires aux structures d'un bâtiment, est suffisamment intéressant pour avoir séduit la Commission de technologie et innovation. En outre, Greatcell Solar a sollicité la collaboration de l'EPFL pour accroître la résistance à la chaleur des cellules et augmenter leur performance. Au cœur de ce partenariat, un homme : Michael Grätzel, l'inventeur même de la cellule solaire à colorant. L'éminent professeur est quant à lui confiant dans le succès commercial futur du projet.

01 juillet 2004

Le programme nouveau est arrivé ! Le Conseil fédéral a bouclé le budget 2005. Et avec l'allègement de 936 millions de francs prévu, il peut partir en vacances le cœur tout aussi… léger. Toute la presse helvétique annonce les mesures prévues. Ainsi, "24 Heures" présente les "victimes" des coupes décidées. Parmi elles, les Ecoles polytechniques fédérales, qui vont devoir supporter une réduction de 140 millions sur trois ans. Deux tiers de cette somme seront compensés, par exemple, par le fait que le personnel se contentera d'une prime au lieu de l'adaptation du salaire au renchérissement. De plus, dès 2007, les EPF, devenues propriétaires de leurs bâtiments, devront commencer à s'occuper de leur financement. Enfin, la révision du droit des fondations leur permettra de trouver plus facilement des mécènes. Par ailleurs, la recherche fait aussi partie des victimes du programme d'allègement. Elle devra se passer de 230 millions (aussi sur trois ans). En fait, les dépenses du Fonds national de la recherche scientifique continueront de croître de 5% par an, mais celui-ci devra entamer ses réserves.

L'Union européenne souhaite doubler le trafic des passagers et tripler celui des marchandises sur son réseau ferroviaire d'ici à 2020. Cet objectif nécessite cependant que la sécurité soit assurée, notamment sur les nombreux ponts européens. L'EMPA, institution de recherche et de technologie des matériaux et domaines des EPF, dirige le groupe de travail en charge de la surveillance électronique des ponts. Un autre laboratoire de l'EPFL, celui de maintenance, construction et sécurité des ouvrages, planchera sur la sécurité à la fatigue des ponts en béton armé.

La Suisse a inauguré sa troisième Swisshouse, à Singapour. Mais si elle est l'œuvre des Romands, ce consulat new look est surtout utilisé par les Alémaniques. Ce qui ne surprend pas le professeur Walter Hunziker, ancien chercheur de l'EPFL, installé depuis quatre ans à Singapour : "Les Romands ne sont pas mobiles. Ils ne veulent déjà pas aller à Zurich, pourquoi viendraient-ils ici où les budgets de recherche sont pourtant quasi illimités ?" Deux exceptions empêchent toutefois les Romands de briller par leur absence : l'EPFL – elle a un représentant dans chaque Swisshouse – et le domaine des nanotechnologies, grâce à l'influence du Centre suisse d'électronique et de microtechnique à Neuchâtel.

"L'Hebdo" et "Bilan" se sont lancés dans le débusquage des gaspillages de fonds publics et autres investissements inutiles. Parmi les élus de cette opération "Gaspi d'or", un immeuble genevois avec un loyer délirant et un autre dont le prix double en un mois, des toilettes publiques d'un coût équivalent à celui d'une Ferrari, ou encore le réseau de fibres optiques vaudois. Ce dernier, d'une longueur de 13000 kilomètres relie bureaux, préfectures, gendarmeries, administration et écoles à un ordinateur central. Son coût ? Une vingtaine de millions. Le problème est que cet usage n'occupe qu'une infime partie des capacités du réseau et que le canton refuse de louer ces lignes à d'autres, alors qu'il pourrait en tirer un bénéfice de quelque 500000 francs. Pourtant, le professeur Murat Kunt, de l'EPFL, avait bien averti le Conseil d'Etat

Jacques Neirynck, professeur ordinaire à l'EPFL, a choisi "L'Hebdo" pour publier une lettre ouverte à Ruth Metzler. Dans ce courrier très public, il déclare à l'ancienne conseillère fédérale que si elle n'a pas été réélue c'est parce qu'elle n'a pas triché et qu'elle est restée fidèle à elle-même. Et l'écrivain de lui demander de "rester en réserve de la Confédération", car depuis son départ, celle-ci va "de plus en plus mal".

30 juin 2004

Après la canicule de l'année dernière, chacun veut savoir si cet été sera aussi chaud. Les scientifiques parviennent bien à estimer le temps qu'il fera vers 2050, mais ils ne peuvent le faire précisément pour les semaines à venir. En revanche, les animaux et les plantes peuvent-ils fournir des informations pour établir des prévisions météorologiques ? Entre vols d'hirondelles et pelures d'oignons, trois spécialistes, dont Martine Rebetez, climatologue à l'antenne romande de l'Institut fédéral de recherches sur la forêt, la neige et le paysage, restent prudents : ces indices peuvent être utiles, mais seulement pour le très court terme.

Ambassadeur d'une architecture exigeante, mais généreuse, Patrick Berger a reçu le Grand Prix national de l'architecture 2004. "Le Monde" de lundi en fait l'écho. Cette distinction française récompense l'ensemble de l'œuvre de ce docteur en urbanisme et professeur à l'EPFL. Celui qui n'a jamais dissocié l'architecture de son territoire et de son contexte – principalement la cité – a notamment transfiguré le Théâtre du Palace, à Paris, et conçu les nouveaux ateliers de la Maroquinerie des Ardennes, dans la Meuse. Sans oublier l'ancien viaduc de la Bastille et le parc André-Citroën.

La fuite des cerveaux ne constitue pas un problème qu'à l'échelon national. Le Valais connaît une situation particulièrement inquiétante: deux étudiants sur trois ne reviennent pas dans leur canton natal après leur formation académique. Ceci alors que près de 40% de ces exilés retournent effectivement en Valais et que 60% seraient prêts à le faire si les conditions-cadre s'amélioraient. Certains arrivent tout de même à faire façon de cette situation, à l'exemple d'Hervé Lorenz. Cet ingénieur sorti des rangs de l'EPFL a fondé en 1998 la société Mimotec, active dans la micromécanique et la microtechnique. Un succès trop rare aux yeux des autorités valaisannes, lesquelles insistent sur la nécessité de renforcer les liens entre le Valais et les écoles les plus renommées sises dans les cantons périphériques.

La Déclaration de Bologne et ses conséquences sur les titres universitaires font à nouveau l'objet d'un article. Dans "PME Magazine", plusieurs responsables d'entreprise donnent leur point de vue. "On va enfin pouvoir comparer ce qui est comparable, les niveaux seront désormais les mêmes dans toute l'Europe", se félicite Frédéric Kohler, de Paribas Genève. Un avis que partage Lucien Richard, de Lombard Odier Darier Hentsch : "Toutes les universités vont être auditées et les comparaisons seront facilitées."

Un an après sa création, un réseau d'affaires virtuel empiète sur les Rotary et autres Lions Clubs. Baptisé LinkedIn.com, il a déjà attiré 600000 membres à travers le monde. Et pour cause : ce réseau social s'avère être d'une grande efficacité pour établir des contacts avec des personnes géographiquement éloignées. Ainsi, une société high-tech spécialisée a pu tester l'utilité de LinkedIn. Elle cherchait un prestataire capable de mesurer l'impact de sa technologie de nettoyage sur les matériaux. Rapidement, elle a pu entrer en contact avec une personne du Parc scientifique à l'EPFL, qui l'a orientée vers un spécialiste. Ou quand quelques clics suffiraient presque à remplacer une poignée de main

Markus Wenk et Martin Zellweger, deux Suisses de 24 ans de l'EPFZ, ont remporté le Prix du jeune entrepreneur. Mise sur pied par les conseillers du commerce extérieur de la France en Suisse, cette distinction récompense leur projet, Sphère DEC, qui consiste à développer une puce à très haut débit permettant de décoder quatre fois plus vite des informations dans différents systèmes de communication sans fil. D'autres lauréats ont aussi été récompensés, dont Jean-Jacques Mwangelu, de l'EPFL.

Un projet bien présenté est un projet déjà à moitié vendu. C'est sans nul doute fort de cet adage qu'Olaf Kübler a pris son bâton de pèlerin pour vanter les mérites de SystemsX, le futur "Center of Biosystems Science and Engineering" commun à l'EPFZ et aux universités de Bâle et de Zurich. Le président de l'EPFZ a indiqué que d'ici l'horizon 2007 "plus de 100 millions de francs" devraient être investis dans ce projet important pour la région rhénane. La présence de Paul Herrling, directeur de la recherche de Novartis, et celle de René Imhof, son pendant chez Roche, étaient là pour le rappeler.

29 juin 2004

La prise de position de la Conférence universitaire suisse (CUS) concernant le futur paysage académique helvétique (voir la revue de presse d'hier) a provoqué un véritable appel d'air dans les colonnes de la "Neue Zürcher Zeitung". Pas moins de quatre personnalités s'expriment aujourd'hui dans le quotidien alémanique. Toutes mettent en exergue les conséquences de la profonde mutation qui attend le monde de la recherche et de la formation universitaire. "La recherche de pointe est toujours plus engagée dans une lutte se déroulant à l'échelon mondial. Avec la déclaration de Bologne et le rétrécissement des moyens financiers publics, peu de hautes écoles demeureront compétitives au niveau européen. Il faut donc préserver le potentiel helvétique, en particulier dans le domaine des sciences naturelles et du vivant", analyse Barbara Haering, conseillère nationale socialiste. La mise sous un même toit fédéral des EPF, des universités et des HES est-elle le moyen le plus adapté? Pas pour Rudolf Strahm, également élu socialiste, lequel juge cette idée prématurée en regard du processus d'évolution des HES. Un processus que l'on peut découvrir dans le troisième texte, cosigné par Heinz Knecht et Marco Passardi, respectivement recteur et responsable du domaine "recherche et développement" de l'Ecole supérieure de cadres pour l'économie et l'administration de Zurich.

Quoi de mieux qu'un livre pour mettre noir sur blanc la recette d'un succès? Telle est la réflexion qui a motivé une équipe de l'Institut de recherches économiques et régionales de l'Université de Neuchâtel à rédiger une monographie sur le succès du "modèle neuchâtelois". En s'appuyant sur une série d'entretiens, les auteurs arrivent à la conclusion que les nombreux liens tissés entre les principales institutions technologiques du canton (CSEM, Institut de microtechnique, école d'ingénieurs…) et des entités partenaires telles que l'EPFL, le canton a su créer une véritable dynamique économique. "L'idée était de montrer l'importance des réseaux de connaissance, ainsi que le rôle central de certaines institutions dans le transfert de technologies", soulignent les auteurs. Une formule qui a particulièrement souri aux microsystèmes, florissants dans l'industrie neuchâteloise.

Le moins que l'on puisse dire, c'est que les membres fribourgeois du Team-ID sont prophètes en leur pays. Après avoir été consacrés par "La Liberté", les vice-champions de la Coupe européenne de robotique font l'objet d'un article dans "La Gruyère". Quoi de plus normal pour une équipe qui, non contente de porter les couleurs de l'EPFL, a emporté quelques touches typiquement fribourgeoises en terres françaises, en y dégustant une délicieuse fondue entre deux couplets du "Ranz des vaches"

L'initiative Bioalps a des répercussions de plus en plus fortes sur le canton du Valais. L'Institut universitaire Kurt Bösch, à Sion, va lancer en novembre un postgrade en biotechnologies, destiné aux cadres suisses et étrangers appelés à travailler dans ce secteur d'activité. Les initiateurs comptent "cloner" ce programme de formation dans d'autres institutions universitaires, en s'appuyant sur le pôle de biotechnologies qui s'est développé sur l'arc lémanique. ("24 Heures", édition du 29 juin, page 9)

28 juin 2004

La proposition du conseiller fédéral valaisan de fédéraliser les universités et les études de médecine n'a pas l'heur de plaire à la Conférence universitaire suisse (CUS). Réunie en séance plénière vendredi, la CUS oppose à cette vision un autre scénario: le placement de l'ensemble des hautes écoles – universités, EPF et HES – sous l'égide d'une instance politique composée de conseillers d'Etat et de représentants fédéraux, à l'horizon 2008. Selon "Le Temps", cet organe se verrait doté de larges prérogatives, en particulier celle de définir les lignes directrices des grands programmes de recherche nationaux et la coordination entre hautes écoles. Une véritable mise sous tutelle, donc, des instances académiques. La CUS s'est toutefois prononcée contre l'idée de centraliser le financement des hautes écoles dans un pot commun et contre la fédéralisation des études de médecine. Autant de prises de position qui sont interprétées, par les médias alémaniques tels que la "Basler Zeitung" ou le "Bund", comme une gifle adressée à Pascal Couchepin. Mais ce camouflet n'est peut-être qu'apparent. Ainsi, l'idée d'une "Medical School" inspirée du modèle américain n'est de loin pas écartée pour le futur, souligne la "Basler Zeitung".

En marge des 35,8 millions de francs débloqués, pour la période 2005-2007, en faveur de projets tels que le regroupement des hautes écoles lémaniques, la CUS a libéré 10 millions de francs pour la création du nouveau pôle de recherche systémique commun à l'EPFZ et aux universités de Bâle et de Zurich. Ce projet avait déjà été doté de 20 millions par les deux demi-cantons bâlois. Comme le mentionne la "Basler Zeitung", les premiers engagements de professeurs devraient intervenir cet été, avant qu'un plan de travail soit défini pour le futur "Center of Biosystems Science and Engineering". Mais si le financement est assuré jusqu'en 2007, la situation est moins certaine à plus long terme et suscite de nombreux points d'interrogation.

Les prises de position de la CUS n'y changeront rien: l'avenir des hautes écoles préoccupe les médias. "Même si les hautes écoles suisses obtenaient davantage de moyens financiers à l'avenir, la qualité de la formation académique ne devrait pas s'améliorer", affirme le "Beobachter". En cause, selon le magazine: les impératifs de réduction de coûts de fonctionnement imposés aux institutions, qui péjorent l'enseignement académique. Selon cette thèse, les économies exigées de la part des universités pousseraient ces dernières à limer l'encadrement des étudiants pour préserver la recherche. Au détriment des branches à faibles effectifs estudiantins, en particulier dans les sciences humaines et sociales. Jusqu'à aboutir à de "sages académies au rabais", comme le titre "Gauche Hebdo"?

Le phénomène du "Brain Drain" indien a déjà été maintes fois évoqué dans les médias. "Market Magazine" y revient en jouant la carte de la personnalisation. A travers le cas de Rohit Nadkarni, jeune diplômé en physique de l'Institut de technologie de Mumbai, le mensuel dresse le portrait de toute une génération d'étudiants avides d'accéder aux temples du savoir les plus prestigieux. Rohit Nadkarni fait partie de ces quelque 2% d'élus (sur plus de 200.000 appelés!) qui ont réussi à obtenir un sésame académique et peuvent espérer être engagés à l'étranger par une multinationale. Après avoir complété sa formation à l'EPFL, dans le cas de Rohit Nadkarni, puisque ce dernier passera un trimestre sur le campus dans le cadre du programme d'échanges mis en place il y a quatre ans par l'Ecole et les sept Instituts indiens de technologie.

Arrivera-t-on un jour à se passer du clavier et de la souris pour interagir avec son ordinateur? Le magazine "Entreprise romande" en est convaincu et consacre un article important au travail de l'équipe du professeur Touradj Ebrahimi, du Laboratoire de traitement des signaux. Même si on est encore loin de pouvoir demander à son PC de céder à ses moindres désirs par la seule force de sa pensée, l'interprétation des signaux électro-encéphalographiques fait des progrès étonnants. En collaboration avec l'Insitut Dalla Molle, à Martigny, la technologie mise au point par l'équipe du professeur Ebrahimi aboutit à des taux de réussite de 90 à 95%.

25 juin 2004

L'EPFL, Ecademy, le réseau de compétences des HES, et la Haute école valaisanne lanceront ces prochains moi des formations autour du thème de la cyberadministration. Car si les organismes publics disposent aujourd'hui de quelque 2500 sites internet , les compétences existantes restent fragmentaires et la maîtrise des outils informatiques ne suffit plus. Les fonctionnaires et les cadres de l'Etat doivent acquérir un savoir très varié, à la fois économique et technologique, politique, financier, juridique et même en matière de normes internationales. Le défi que se lancent les écoles est donc grand : leur enseignement devra permettre de maîtriser les nouvelles technologies et de gérer des processus complexes. Sans oublier que ces formations devront s'adapter sans cesse aux évolutions.

Après l'avoir présidé pendant neuf ans et demi, Francis Waldvogel quitte le conseil des Ecoles polytechniques fédérales à la fin de ce mois. A l'heure du bilan, il relève la contribution du conseil au renforcement de la valeur des EPF en Suisse et à l'étranger ou encore au lancement du projet de l'Arc lémanique. Francis Waldvogel rappelle aussi que c'est lui qui est allé chercher Patrick Aebischer, pour que "Lausanne repense fondamentalement l'EPF, la transformant en une université de recherche moderne". En revanche, il estime que les complémentarités des deux EPF ne sont pas encore assez exploitées et il s'inquiète des coupes financières envisagées dans la formation et la recherche.

24 juin 2004

Il y a quelques jours, Pascal Couchepin lançait un pavé dans la mare en évoquant la reprise de la médecine par la Confédération. "L'Hebdo" fait le point sur les visions et les projets qui s'affrontent dans ce débat. Ainsi, Patrick Aebischer, président de l'EPFL s'engage, lui, pour une Ecole de médecine, sur le modèle américain. Selon lui, "fédéraliser les facultés de médecine ne coûterait pas plus de 500 millions et le gain serait très important". Dans un article paru dans "Le Temps", ce "modèle A" (pour Aebischer) est également présenté, en opposition à celui qui prêche pour une intégration totale de la formation médicale aux universités.

Bonne nouvelle pour la Suisse : Roche a décidé d'installer un centre de production ultramoderne à Bâle. La cité rhénane abrite déjà une "Biovalley", née après la fusion entre Sandoz et Ciba Geigy. A ce moment, les chercheurs avaient été encouragés à créer leur propre entreprise. Depuis, les créations de sociétés sont devenues plus rares. Car comme l'explique Rudolf Gygax, de Novartis Venture Fund, au contraire de l'EPFL et de l'EPFZ, l'Université de Bâle ne se révèle pas très prolifique en jeunes pousses.

La Fondation de l'établissement cantonal vaudois se montre généreuse envers MBioD. Ce projet de recherche, mené en collaboration entre le professeur Christophe Champod (Institut de police scientifique de l'Université de Lausanne) et Andrzej Drygajlo, du Laboratoire de traitement des signaux de l'EPFL, se voit attribuer un prix de 160.000 francs. Une manne qui vient à point nommé pour la poursuite de ce programme de recherche sur la biométrie appliquée aux papiers d'identité.

La start-up Innovative Silicon, sise au PSE, reçoit aujourd'hui les honneurs de la rubrique "Made in EPFL" de "l'agefi". Le quotidien économique consacre en effet chaque mois un article sur les jeunes entreprises émanent de l'Ecole ou gravitant autour d'elle. La nouvelle technologie de mémoire ultradense développée par Innovative Silicon a visiblement conquis la journaliste. "La start-up a réussi à réduire la taille des puces, jusqu'à dix fois, en supprimant les éléments de stockage (condensateurs) de la mémoire vive", écrit cette dernière. Une innovation qui signifie gain d'espace et réduction de coût pour les ordinateurs ou tout autre appareil électronique équipé d'une mémoire conventionnelle.

Les scientifiques ne sont plus les seuls à éclairer de leur science l'Institut Paul Scherrer. Ce centre de recherche appartenant au domaine des EPF, spécialisé dans la physique des particules et la science des matériaux, vient d'inaugurer un nouveau détecteur lumineux parmi les plus puissants au monde. Baptisé Lucia, cet instrument permet de déceler, dans la structure de la matière, des détails de l'ordre du micron. Cet outil offre une palette d'applications très étendue, qu'il s'agisse de l'étude de protéines ou l'analyse du comportement des effluents polluants dans une solution aqueuse. Un article à la fois très clair et très fouillé du point de vue scientifique, à lire sur le site de "Swissinfo".

23 juin 2004

Le prix Venture 2004 du meilleur business plan d'entreprise a été remis mardi à Zurich. Il concerne des sociétés nouvellement créées ou en passe de l'être. Cette année, il récompense cinq équipes, dont trois sont actives dans les sciences de la vie. La seule Romande termine en cinquième position : il s'agit de la Genevoise Endosense. Cette société se consacre à la fabrication d'instruments de robotique innovants dans le domaine de la chirurgie cardiovasculaire. Les autres vainqueurs du concours sont Molecular Partners, qui partage la première place avec NovoGEL, ainsi que Foldcore et FlamePowders.

Ils sont huit clubs de "Business Angels" en Suisse. Deux de ces groupes qui soutiennent les nouveaux projets prometteurs se trouvent en Suisse romande, à Genève et en Valais. A l'occasion d'une rencontre à Martigny, cinq jeunes entreprises ont été présentées. Parmi elles, Greatcell Solar SA, qui commercialise des panneaux photovoltaïques, basés sur la technologie des cellules solaires à colorants développés à l'EPFL par le professeur Michaël Grätzel.

Al-Jazira, le Club de foot phare des Emirats arabes unis, souhaiterait construire un centre sportif estival près des terrains du FC Saint-Sulpice. Le site pourrait attirer également d'autres sportifs venant de l'Université et de l'EPFL. Mais le projet est encore bien flou